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[Midi Libre] Régionales. Francis Saint-Léger : « Avec Frêche, le monde rural a tout perdu »
Francis Saint-Léger, tête de liste UMP en Lozère revient sur la campagne des Régionales au micro du Midi Libre.
Le député et tête de liste UMP de la Lozère attaque le bilan Frêche.
Que pensez-vous du déluge politico-médiatique qui s’abat sur Georges Frêche ?
Cette affaire est bien pathétique. Pathétique car Georges Frêche a commis un nouveau dérapage insupportable. Pathétique aussi car il a fallu attendre cette accumulation d’ignominies pour que les dirigeants nationaux du Parti socialiste sortent enfin de leur ambiguïté et de leur lâcheté. Les propos abominables de Frêche prononcés sur les harkis, les Noirs ou encore les catholiques au travers de ses injures sur les papes Jean-Paul II ou Benoît XVI auraient déjà dû le disqualifier depuis longtemps. Cela fait des années que cet homme fait honte à notre région et à notre pays. J’espère que ces mauvaises pages de l'histoire du Languedoc-Roussillon se refermeront définitivement le 21 mars prochain.
C’est du pain bénit pour votre tête de liste Raymond Couderc…
Ce qui est sûr, c’est que la situation est plus claire : à gauche, personne ne s’alliera avec Frêche au second tour !
Quelle image avez-vous du Languedoc-Roussillon ?
Malheureusement mauvaise. Notre région est classée dernière de la classe sur ses compétences essentielles : l’économie et l’emploi. C’est pourtant le cœur du débat et des projets. Côté emploi, avec 12,7 % de la population au chômage, on est redevenu les derniers en passant derrière le Nord-Pas-Calais. On est aussi les derniers concernant le taux de pauvreté, les derniers pour le revenu par habitant et les derniers au palmarès de la disparition des entreprises. C’est un bilan terrible.
Est-ce la faute de Frêche ?
L’emploi relève du champ d’action de la Région. L’aménagement du territoire aussi. Un seul exemple : en Auvergne, la couverture haut débit des communes est quasi-totale. Ici, on se réveille juste avant les élections pour passer un partenariat avec France Télécom. Aujourd’hui, plus de 500 communes rurales du Languedoc-Roussillon ne sont pas servies. Comme il faut dix-huit mois pour réaliser la couverture, on vient de prendre quatre ans de retard sur l’Auvergne !
D’où votre campagne sur le thème des "oubliés" ?
Si ce n’est pas un oubli, alors comment l’appeler ? Regardez les lycées. Avant 2004, on faisait des travaux gigantesques l’été. Cela représentait plusieurs millions d’euros pour les entreprises. Depuis 2004, tout a été gelé. Les seuls travaux réalisés ont concerné la mise en sécurité et la mise aux normes sous peine de fermeture des établissements.
La présidence de Jacques Blanc vous manque-t-elle ?
Avant, la ruralité n’était pas méprisée. Jacques Blanc, qui connaissait le milieu rural, n’aurait jamais attendu pour le haut débit.
La Lozère a donc perdu de l’argent avec Frêche ?
Oui, on touche dix fois moins qu’avant. Deux exemples : entre 1998 et 2004, Marvejols, deuxième ville de Lozère, a touché 3,7 millions d’euros de la part du conseil régional pour financer ses projets. Entre 2004 et 2010, elle n’a obtenu que 400 000 €. Même sentence pour Saint-Chély-d’Apcher : de 2,7 millions à 300 000 €.
Donc La Lozère en souffre…
Les petites communes n’ont pas l’autofinancement nécessaire pour réaménager les écoles, les bâtiments anciens, les cœurs de village avec les réseaux d’eau, d’assainissement... Avant, elles étaient aidées par la Région. C’est fini. Elles ne peuvent plus réaliser ces gros aménagements. Et les maires qui ont connu les deux époques savent que c’est le jour et la nuit. Avec Frêche, le monde rural à tout perdu.
Comment y remédier ?
En le battant. Et en reversant à l’aménagement du territoire tout l’argent consacré aux maisons du Languedoc-Roussillon à l’étranger.
Le programme de Raymond Couderc prévoit-il de répondre aux attentes lozériennes ?
Totalement. Ainsi qu’aux attentes du monde rural régional. Nous reprendrons le travail que Jacques Blanc avait entamé.
A l’UMP, la campagne a eu du mal à démarrer. N’êtes-vous pas un peu en retard ?
Je ne le crois pas. C’est maintenant que la campagne démarre. Il n’y a pas de péril en la demeure.
Le divers droite Christian Jeanjean est-il le caillou dans la chaussure de Couderc ?
Christian Jeanjean est un ami. J’ai été cinq ans député avec lui. Il se trompe de chemin, il va droit dans le mur. Je crois que c’est dommage.
Craignez-vous qu’il rejoigne Frêche ?
Pas du tout.
Le sondage publié par Midi Libre fait apparaître un score de 26 % pour Couderc au premier tour et peu de réserve de voix au second. Inquiétant ?
Absolument pas. Le seul sondage qui m’intéresse, c’est celui du premier tour le 14 mars au soir et celui du 21 mars. Ce qui est plus inquiétant, c’est le score de Georges Frêche et les divisions dans ses rangs. Voilà de sérieux cailloux dans la chaussure de Frêche. Aujourd’hui, c’est un homme seul.
Seul, mais qui a ses PS à lui, ses écolos à lui, son PC à lui…
Il a aussi débauché un chasseur qui a oublié qu’en 2000, contrairement aux autres députés socialistes de la région, Frêche avait voté la loi Voynet, humiliante pour la communauté des chasseurs.
Pensez-vous vraiment que la Région soit à votre portée ?
Plus que jamais. La preuve, c’est le bilan. Le navire de la région part complètement à la dérive. Il n’y a plus de cap. Les gens vont se poser une seule question : doit-on continuer dans la direction que Frêche poursuit depuis six ans ou doit-on changer de direction ? Moi, je veux que la Région devienne exemplaire. Dans le comportement des élus avec moins de mépris, moins d’arrogance. Avec plus tolérance et de respect. Exemplaire dans la domaine de la gestion des deniers régionaux. Avec équité et pas d’hyperconcentration des moyens. Exemplaire aussi au niveau de l’environnement car nous avons un potentiel énorme.
Pourquoi ne pas avoir laissé la jeune génération UMP affronter Frêche ?
Les jeunes sont tous là, tous derrière Raymond Couderc. Preuve du renouvellement, seulement deux candidats de 2004 sont toujours présents. Rossignol et moi. Regardez les listes de Frêche, ce sont les mêmes les candidats !
La perte de confiance des Français en Nicolas Sarkozy peut-elle vous handicaper ?
En Europe, c’est notre pays qui s’en sort le mieux, qui sort la tête hors de l’eau. On annonce un retour de la croissance, un sondage paru dans Libération donne 10 % de plus à François Fillon… Les Français sont donc reconnaissant au gouvernement de les avoir sortis de la crise.
Propos recueillis par Philippe PALAT
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